Iran, dix-sept femmes au nouveau Parlement: un record - Io Donna

Iran, dix-sept femmes au nouveau Parlement: un record

Vendredi 29 avril, les Iraniens sont allés voter pour le deuxième tour des élections législatives. Pour la première fois depuis 2005, les conservateurs seront obligés de rendre le bâton aux modérés, bien qu'à contrecœur. Dans le second tour (nécessaire pour les candidats ayant obtenu moins de 25% des voix au premier tour de février), les conservateurs ont pris moins d’un tiers de leurs préférences. Une défaite douloureuse. Un signe que le peuple iranien soutient l’accord nucléaire recherché par le président Rohani, même s’il n’a pas encore abouti à des résultats évidents. Les Iraniens semblent également conscients de la nécessité d’ouvrir le pays aux investissements étrangers pour relancer l’économie.
Dans un mois, le nouveau parlement sera installé dans la capitale Téhéran où les modérés auront probablement la majorité nécessaire pour soutenir les réformes du président Rohani. Voyons les chiffres: les hommes proches du président ont obtenu 42% des voix. Pas seulement la majorité, mais un bon nombre de sièges pour promouvoir – et promulguer – les réformes nécessaires.

Données intéressantes sur le présence féminine au parlement de la république islamique: si dans la législature sortante les députés n'étaient que neuf, aux élections de février ils ont été élus, au premier tour, treize et au second vendredi. Ils seront alors dix-sept, un disque pour la république islamique. Il est à espérer que la prochaine législature promulguera une loi en faveur des femmes, car aucune des forces élues dans les partis conservateurs. Même l'âge des députés est de bon augure: la moitié a moins de 40 ans. La plus jeune, Zahra Zaidi, vient de la province conservatrice d'Ispahan et a mis tous ses dix rivaux, les hommes.

Le militant Masih Alinejad

Dix-sept membres sont de bonnes nouvelles, mais ce n'est pas encore un réel changement car celle des femmes en politique est toujours un obstacle. Au téléphone depuis New York, où il vit en exil, le militant iranien Masih Alinejad raconte le contexte de cette élection qui a suivi de près. Le premier cas frappant est celui de Mino Khaleghi: "En février, il a remporté le premier tour, mais le Conseil des gardiens l’a disqualifié après la victoire électorale, car il avait osé se serrer la main avec un homme en voyage en Chine. Le président Rohani ne l'a certainement pas défendu ", note Alinejad.

Un autre cas préoccupant est celui de Parvaneh Salahshour, également élu député: «avait publié des déclarations contre le voile, obligatoires en République islamique, avait été repris par les sommets (conservateurs) de la République islamique et contraint de nier en public».
Un cas, celui de Parvaneh Salahshour, qui aime beaucoup le militant Masih Alinejad, connu pour avoir lancé la campagne sur Facebook Liberté Furtive dans lequel il invite les femmes (pas seulement les Iraniens, même les touristes étrangers) à publier leurs photos sur leur page avec leurs cheveux au vent, sans le voile "rendu obligatoire dans la République islamique par l'ayatollah Khomeiny sur les instructions de Hassan Rohani", raconte Alinejad citant l'autobiographie de l'actuel président "modéré".

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading...
Comme cet article? S'il vous plaît partager à vos amis:
Laisser un commentaire

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!: