Turquie: Nous sauvons Hasankeyf de l'eau du barrage - Io Donna

Turquie: Nous sauvons Hasankeyf des eaux du barrage

Ce sera un "appel à l’action" mondial programmé pour le 20 septembre à Hasankeyf, ville considérée comme l'un des joyaux de la Kurdistan turc. Un appel mondial destiné aux militants, aux ONG, aux associations et à tous ceux qui se soucient de la culture, de l'art et de l'histoire. Une invitation à se présenter sur place et à participer à la marche de protestation tout en agissant sur les médias sociaux avec une campagne médiatique "forte". Le but est d’essayer à la dernière minute de bloquer le barrage Ilisu qui inondera inexorablement cette belle ville habité sans interruption depuis l'âge du bronze.

La fin de Hasankeyf, avec celle de 199 autres villages le long du Tigre et l'exode forcé de plus de 80 mille personnes, a été décrété par le gouvernement turc avec la présentation du projet de barrage d'Ilisu. C’est le dernier d’une série de barrages relevant du GAP (Projet d’Anatolie du Sud-Est), un projet de 22 barrages situés entre le Tigre et l’Euphrate développé pour produire l’énergie nécessaire au développement industriel de la Turquie. Tout cela au détriment des populations locales qui, à ce jour, avec le plan presque complètement terminé, n'ont eu aucun bénéfice.

Bruno Zanzottera-Parallelo Zero

Site stratégique le long du Tigre, Hasankeyf a vu l'alternance des Assyriens, des Mèdes, des Perses, des Grecs, des Romains, des Byzantins et des Turcs. Tous ont laissé leur empreinte: de l'ancien pont sur le Tigre construit au XIIe siècle. du sultan Artuqide Fahrettin à la mosquée d'El Rizk, dont le minaret semble conserver les inscriptions des 99 noms d'Allah ainsi qu'une paire de cigognes nichant sur son sommet; du magnifique mausolée de Zeynel Bey qui se trouve seul parmi les champs le long de la rivière Citadelle accrochée au sommet de la falaise, un véritable nid d'aigle qui, par le passé, permettait de contrôler toute la région.

Actuellement, les travaux de construction du barrage d'Ilisu ont été complété à 80%. Ceci malgré le retrait de capitaux de certaines banques européennes finançant les travaux et la déclaration d'illégalité de la Haute Cour administrative d'Ankara pour absence d'évaluation d'impact environnemental. En outre, la militarisation de la région et le remplacement des travailleurs locaux par des travailleurs d'autres provinces turques ont contribué à rendre le climat autour du projet particulièrement tendu.

Bruno Zanzottera-Parallelo Zero

Précisément pour réussir plus facilement, le gouvernement turc a lancé une campagne de boycott économique Hasankeyf pendant des années, afin de pousser ses habitants à partir. La fermeture des sites archéologiques aux visites, avec la diminution conséquente du flux touristique, a conduit à la effondrer une partie de l'économie d'une ville qui ne compte aujourd'hui que 3 000 habitants sur plus de 10 000 il y a seulement 10 ans. Si on ajoute à cela le refus du gouvernement de présenter la candidature de Hasankeyf à l’UNESCO comme Site du patrimoine mondial Bien qu'il y ait toutes les exigences, il est facile de comprendre la volonté absolue d'Ankara d '«assassiner» Hasankeyf pour atteindre son objectif.

Contrairement à tout cela, les organisations Garder Hasankeyf en vie et Mouvement écologique mésopotamien, qui luttent contre le barrage depuis des années, ont promu le rassemblement international et la marche de protestation dimanche 20 septembre. Ce sera une tentative extrême de sauver la ville des objectifs de nouveaux barbares plus dangereux qui, sous prétexte de développement pour le «bien-être de la population», ils veulent enterrer 10 000 ans d'histoire moins de 10 milliards de mètres cubes d'eau.

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